"99,9% de disponibilité" sonne presque parfait — mais que représente vraiment ce 0,1% restant en temps d'arrêt réel ? Ce guide explique comment lire un SLA, ce qu'il garantit vraiment, et pourquoi viser 100% n'a pas de sens.
Un SLA (Service Level Agreement, "accord de niveau de service") est un engagement contractuel ou interne définissant le niveau de qualité de service attendu — le plus souvent exprimé en pourcentage de disponibilité sur une période donnée (généralement un mois ou une année). Un fournisseur cloud qui annonce "99,9% de disponibilité mensuelle garantie" s'engage sur une durée maximale d'indisponibilité, souvent assortie de pénalités financières (remboursement partiel) si le seuil n'est pas respecté.
Dans le jargon infrastructure, on parle souvent de "trois neuf" (99,9%), "quatre neuf" (99,99%), etc. Chaque neuf supplémentaire réduit le temps d'arrêt toléré d'un facteur 10 environ :
| Disponibilité | Surnom | Arrêt toléré / an | Arrêt toléré / mois |
|---|---|---|---|
| 99% | Deux neuf | ~3,65 jours | ~7,3 heures |
| 99,9% | Trois neuf | ~8,76 heures | ~43,8 minutes |
| 99,95% | — | ~4,38 heures | ~21,9 minutes |
| 99,99% | Quatre neuf | ~52,6 minutes | ~4,38 minutes |
| 99,999% | Cinq neuf | ~5,26 minutes | ~26,3 secondes |
Vu sous cet angle, la différence entre 99% et 99,9% est considérable : on passe de plusieurs jours d'arrêt tolérés par an à moins de 9 heures.
Passer de 99% à 99,9% de disponibilité réduit le temps d'arrêt toléré d'un facteur 10, mais le coût pour y parvenir augmente bien plus que proportionnellement. Chaque neuf supplémentaire nécessite généralement :
C'est pourquoi viser le SLA le plus élevé possible n'est pas toujours la bonne décision : le coût marginal d'un neuf supplémentaire doit être mis en balance avec le coût réel d'une indisponibilité pour votre activité.
Aucun fournisseur serieux n'annonce 100% de disponibilité garantie, et pour une bonne raison : la maintenance, les mises à jour de sécurité, les pannes matérielles imprévisibles et les erreurs humaines rendent une indisponibilité totale nulle statistiquement impossible à garantir sur le long terme. Un SLA réaliste accepte cette réalité et la quantifie précisément, plutôt que de promettre l'impossible.
Le pourcentage affiché dans un contrat de SLA réel cache souvent des clauses qui réduisent sa portée réelle :
Avant de viser un chiffre rond comme "99,99%", il est plus utile de partir du besoin réel :
Le calculateur associé à ce guide permet de partir d'une tolérance de panne réelle ("je peux accepter 5 minutes d'arrêt par mois") pour en déduire directement le SLA nécessaire, plutôt que de choisir un pourcentage arbitraire.
Utiliser le calculateur de disponibilité →99% à 99,9% est généralement suffisant pour un site non critique — au-delà, le coût d'infrastructure nécessaire dépasse rarement le bénéfice réel pour ce type d'usage.
Beaucoup l'annoncent pour des services spécifiques sous certaines conditions (configuration multi-zone, architecture redondante mise en place par le client) — le SLA du fournisseur ne couvre généralement que son infrastructure, pas les choix d'architecture de l'utilisateur du service.
Non — le calcul présenté ici est une moyenne théorique sur la période. En pratique, une seule panne longue ou de multiples micro-coupures peuvent produire le même pourcentage final tout en ayant un impact très différent sur les utilisateurs.
Le principe de calcul est identique, mais un SLA interne sert surtout d'objectif de pilotage et de priorisation, sans les implications financières et juridiques d'un contrat avec pénalités.
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